L’eSport est depuis 2016 reconnu par les instances sportives au même titre que le football ou n’importe quel autre sport. 

Le sport électronique s’impose de plus en plus en France, surtout depuis le premier confinement au printemps 2020. Cette année, la France comptait 1,2 millions de joueurs amateurs, contre 913 000 en 2018. 

« Les structures s’agrandissent de plus en plus et on ne se rend pas vraiment compte de l’ampleur que ça prend quand on n’est pas dedans », prévient Andréas, pseudo Hawkinn, ancien joueur et coach.

On peut désormais participer à des compétitions de haut niveau à parti de treize ans sur Fortnite. Les joueurs sont récompensés par des « cashprize », autrement dit, de l’argent cash, des récompenses allant parfois jusqu’à 3 Millions de dollars en une fois. Un chiffre qui peut faire débat, car l’eSport n’est souvent pas pris au sérieux par les générations passées.  

Selon Ryan, pseudo Zeeked, « Les joueurs Fortnite sont souvent assez jeunes et ils n’ont pas tous de recul sur l’eSport et les cashprize. Fortnite a donné un gros pouce à tous les autres jeux eSport. » 

Ryan Lapierre alia Zeeked durant une compétition avec sa team Denial Esports.

Pro des jeux vidéo : un statut qui interroge.  

Le statut d’eSportif professionnel a été défini par le décret 872 du 9 mai 2017. Il est destiné aux entreprises ou associations qui emploient des joueurs professionnels pour les compétitions d’eSport, ainsi qu’aux joueurs eux-mêmes. Ce statut garantit au joueur un contrat à durée déterminée (minimum 1 an, maximum 5 ans). On parle d’un vrai métier, avec un salaire et un cahier des charges.   

« Les mentalités se forment, les personnes plus âgées ont encore du mal à comprendre ce monde, mais la nouvelle génération grandit avec, c’est en quelque sorte “ancré” dans les mœurs, et on se lancent rapidement sans vraiment se poser de questions », complète Andréas. 

Pour un bon nombre de personnes, le jeu vidéo est encore associé à l’amusement, l’enfance, voire – il faut bien le dire – une certaine forme de fainéantise. Alors quand il s’agit de parler de professionnalisme, les critiques fusent.  

Pour Ilias, ou Nkanté sur les jeux vidéo, avoir été présélectionné en équipe de France a changé la vision de l’eSport de ses proches. « J’ai eu pas mal de soucis au lycée car personne ne comprenait ce que je voulais faire et quand je suis allé en équipe de France les gens ont commencé à comprendre. Mais c’est vrai qu’au début c’était très compliqué et beaucoup de gens se moquaient. »  

Comment y accéder ?

Si aux USA en Corée du Sud ou au Japon, pratiquer l’eSport en compétition fait d’un joueur un véritable athlète à tous égards (un professionnel de l’industrie du jeu vidéo gagne presque autant qu’un joueur de football ou de tennis). Ce n’est pas forcément le cas en France.  

Cependant, cette tendance change depuis un certain temps, notamment sous l’impulsion de Fortnite. Chaque joueur rêve de vivre en jouant à FIFA, Call of Duty, League of Legends et StarCraft. Mais ce n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît.  

Pour devenir un joueur professionnel, il y a un certain nombre de règles à suivre. La première est qu’un pro gamer doit se spécialiser sur un seul jeu vidéo. Il est presque impossible de performer sur plusieurs jeux en même temps, tant les skills à apprendre et à maîtriser sont important. Il vous faudra donc définir très tôt si on est plutôt FIFA, Call of Duty ou StarCraft. Ensuite, il faut s’affilier à une structure, c’est comme ça qu’un joueur obtient un support et des sponsors pour se faire une place dans le milieu de l’eSport, et ainsi, accéder aux compétitions les plus convoitées.  

C’est le cas de Ryan, qui a un parcours assez atypique, « J’ai commencé très jeune a 12 ans sur des événements amateurs… La première grosse organisation que j’ai rejoint a été Millenium à mes 16 ans où je suis resté 1 an et 8 mois. Par la suite j’ai fait pas mal d’autres organisations.  Je suis vraiment passé du cycle ou j’étais amateur, semi-pro, professionnel et après le côté “Pro League” contre les meilleurs joueurs et équipes du monde. » 

Un métier intense à plein temps   

Comme toute pratique sportive, le haut niveau exige du temps et des concessions. C’est un vrai entraînement. L’objectif à terme est de vaincre, d’être le meilleur, de gagner de l’argent voire d’en vivre. 

« C’est un métier qui demande beaucoup de travail, dix heures par jour ou plus, de l’entraînement et des analyses de jeu. Ce n’est pas juste jouer, bien qu’on puisse voir les joueurs rire et s’amuser », poursuit Andréas.  

Joueur aux jeux vidéo demande beaucoup d’analyse et de connaissances du jeu, mais aussi du « gamesense ». Le gamesense, c’est un terme pour décrire les capacités de prédiction et de raisonnement déductif d’un joueur. Pas question pour un pro-gamer de se reposer sur ses manettes !  

Retrouvez nos interviews complètes sur notre Instagram dédié au sujet : @resonance_esport

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Un grand merci à Andréas, Ilias et Ryan pour leurs trois témoignages.