Tous les vendredis, en fin de journée, et ce depuis deux ans, a lieu le projet OKLM, aussi appelé “Only Girl Kiffe Le Basket à Monplaisir”. À la salle Voltaire, les jeunes filles de tous âges et habitant le quartier, se retrouvent ensembles pour appréhender le ballon. Un moment qui leur est strictement réservé afin de les pousser à sortir, à se défouler et à s’investir. Des jeunes filles ainsi que des accompagnant(e)s qui, au sein du quartier de Monplaisir, hissent les valeurs du basket, mais pas que.

Une union féminine de basket qui se recentre sur son quartier d’origine.

L’Union Féminine Angers Basket, fondée en 2004, répond au désir des premiers dirigeants de créer un club uniquement féminin implanté dans le quartier de Monplaisir. Ainsi, le club de l’UFAB permet aux jeunes filles du quartier d’accéder à une performance d’élite par le biais du basket. En une douzaine d’années, le club a rapidement évolué pour atteindre le plus haut niveau français. Il est par conséquent devenu attractif pour toutes les jeunes filles du département.  

De là découle l’envie du club de se recentrer sur les jeunes filles du quartier. Un projet soumis par Hélène Brusetti ainsi qu’Elisabeth Gastineau.

L’initiative est de “proposer une façon différente d’accueillir, d’être dans la proximité de quartier, pour pouvoir permettre un autre accès et que le club ne soit pas qu’un club uniquement ciblé vers l’élite, mais qu’on soit capable de faire des ponts entre les deux”.

Les joueuses s’organisent en autonomie pour créer des équipes équilibrées. Les matchs ont une place importante au sein des séances car le but est “de gagner et de devenir plus forte”.

C’est en 2018, et toujours dans cette démarche d’accompagnement, que le projet OKLM voit le jour, sous l’impulsion de l’UFAB, financé par VINCI et en collaboration avec la mairie d’Angers et les écoles du quartier.

Une démarche d’accompagnement et d’accessibilité.

Les premières questions se posent afin de lancer le projet : “Il a fallu commencer par la base, c’est-à-dire, comment fait-on pour accueillir ces jeunes filles, avant même de les accompagner vers l’élite. Comment fait-on pour les faire venir à l’activité, pour qu’elle s’en imprègne et que ça devienne quelque chose qu’elles aiment faire.” Charlotte Jacob, médiatrice sportive à la mairie d’Angers a permis de faire le lien entre les jeunes filles et le projet OKLM. D’après Timothée Prodhomme, coach sportif à l’UFAB, la présence de Charlotte et d’Hamza dans les écoles et collèges est indispensable pour permettre aux jeunes filles de s’associer aux activités sportives proposées par la ville. 

Le projet a su évoluer et s’adapter aux âges des jeunes filles volontaires.

Dès le départ, la gratuité du projet est une donnée essentielle. Il fallait rendre l’initiative accessible au plus grand nombre. L’objectif est de faire venir des filles qui sont motivées, et de les accompagner de multiples façons. Grâce au projet, certaines d’entre elles vont s’inscrire en club de basket et ainsi progresser davantage.

La localisation et l’accessibilité de la salle et des accompagnants est primordiale pour le bon déroulement du projet. Les jeunes filles concernées ont entre sept et quinze ans. D’après Charlotte Jacob : ”elles sont très solidaires, par exemple, pour venir ou repartir des entraînements, elles font un circuit pour passer les unes chez les autres ». « Les jeunes filles de quartier deviennent indépendantes et autonomes beaucoup plus tôt.” ajoute Hélène Brusetti.

Le projet OKLM a été originellement financé pour trois ans mais, grâce aux personnes qui l’ont repris à la suite d’Hélène Brusetti, il évolue de manière totalement indépendante et de nouvelles évolutions participent à sa continuité. Le projet a su s’adapter aux dispositions de chacune ainsi qu’à leurs responsabilités familiales et scolaires.

Les jeunes joueuses en club de basket peuvent conseiller et proposer des exercices pour faire évoluer les autres participantes.

En parallèle d’OKLM, le club a aussi créer le projet nommé “L’Académie”. Tous les jeudis après les cours, les jeunes filles se retrouvent pour faire une heure d’étude, prendre un encas puis faire une séance d’entraînement de basket. Ce sont les mêmes personnes qui s’occupent de l’Académie et du projet OKLM, ce qui permet de garder une continuité et une unité dans l’activité proposée, et ainsi renforcer les liens que peuvent créer Timothée, Charlotte et Hamza avec les jeunes filles du quartier. 

Les bienfaits apportés à travers ce projet.

Charlotte Jacob a une relation particulière avec les filles. Elle nous en dit davantage sur l’impact positif du projet sur les participantes : “le fait que je sois une femme permet un contact plus facile avec les filles. Elles ont moins de mal à venir me parler, et cela a sûrement joué dans la réussite du projet et leur implication. Le fait que la plupart soient là tous les vendredis, qu’elles participent à la fois à l’Académie et à OKLM montrent leur intérêt. Avec Hamza et Timothée, on essaie de les laisser libre de leur présence. Cela permet de les responsabiliser et de leur apprendre que, quand on s’engage, on ne peut pas tout lâcher du jour au lendemain.

Lorsqu’elles viennent avec leur tenue et leur bouteille, en invitant des copines, cela montre qu’elles veulent réellement participer. Parfois, on les laisse créer elle-même les exercices pour les séances, elles arrivent avec des schémas qu’elles ont fait sur le coin d’une feuille, c’est très plaisant à voir !

Au-delà de la progression en haut niveau, les jeunes filles témoignent leur intérêt envers le projet par un investissement, une assiduité et des demandes d’activités. Ces vendredis font désormais partis de leur quotidien.

Les joueuses nous ont confié que si le projet OKLM venait à prendre fin, elles seraient tristes de ne plus pouvoir venir les vendredis. Elles tiennent à ces moments qui leur permettent de “penser à autre chose.”

Le projet OKLM permet de dépasser ces règles primaires de la dimension sportive mais d’inclure des valeurs fondamentales. Hélène poursuit : “le sport est un moyen de prendre confiance en soi, de s’exprimer. Qui plus est, le sport collectif est un moyen d’apprendre à vivre ensemble, à faire avec les habitudes et les pensées des autres. Cela amène les sportifs à penser par eux-mêmes, à leur apprendre que si l’on ne fait pas de choix, bon ou mauvais, on ne peut pas avancer. Il faut échouer pour progresser. Voir qu’on est capable de prendre des décisions permet d’augmenter l’estime de soi. En relation avec le contexte du quartier, c’est une manière de les aider à se construire et à évoluer dans un cadre différent de ce qu’elles connaissent, à l’école ou chez elles.”

Nous sommes allées à la rencontre de Soumaya, Basma, Hinda, Aya, Hana, Halima, Fatou, Hamahawa et Daloba pour en apprendre davantage sur leur vision interne du projet OKLM.

Podcast avec les jeunes filles du projet OKLM
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