Le cancer du sein est le cancer le plus répandu chez la femme, plus de 55 000 nouveaux cas se déclarent chaque année. Depuis 2013, l’Institut Cancérologique de l’Ouest, propose de l’activité physique adaptée pour leurs patientes et patients à Angers. Des sports différents et ajustés à chaque patiente sont proposés au centre ou en partenariat avec plusieurs associations sportives angevines. Pour vous parlez plus en détails du principe du sport-santé, nous sommes allées à la rencontre de femmes en rémission du cancer du sein afin qu’elles nous racontent leur combat.

Résonance a eu l’occasion d’avoir un entretien avec Loïc Faivre, jeune enseignant en activités physiques adaptées au centre Paul Papin. Dans le cadre de son stage de fin de master en STAPS, Loïc rencontre le docteur Sophie Abadie, et ensemble, ils vont introduire peu à peu des activités sportives au sein de l’ICO.  Précurseur dans ce domaine à l’ICO, il apporte une plus-value en terme d’accompagnement sportif. Depuis, Loïc propose trois types de sport chaque semaine : des sorties footing, de la marche nordique et du renforcement musculaire. Ces activités sont recommandées pour bouger les muscles qui ont été touchés par la chirurgie, reprendre confiance en son corps. Beaucoup de patientes ont de l’hormonothérapie (ndlr : traitement médicamenteux à base de différentes hormones) qui provoquent souvent des douleurs sur les articulations, la marche aide à les stimuler et les à détendre. Il explique bien que le sport est indispensable au quotidien pour ces femmes atteintes d’un cancer du sein. 

Les femmes touchées par ce cancer sont encouragées à pratiquer ces activités tout au long du processus de traitement. Loïc Faivre les recommande tout particulièrement pour lutter contre les effets secondaires des médications qui peuvent être parfois très lourds à subir. Les activités sportives aident à ne pas perdre de masse musculaire, ce qui arrive fréquemment lors des traitements. Un cercle vicieux se crée rapidement. L’arrêt total d’activités physique et professionnelle laisse place plus facilement aux effets néfastes des traitements telles que les nausées ou encore les douleurs articulaires.

Activité rythmée recommandée pour les femmes ne souffrant pas trop après leur chirurgie ou durant leur rémission.

  Loïc souhaite que les amalgames sur la pratique du sport durant la maladie soit levés.

“Au contraire le sport est essentiel”, insiste Loïc Faivre. Il ajoute : “il n’y a quasiment aucune restriction à la pratique de ces activités physiques adaptées ; certes chacun y va à son rythme et c’est le plus important.”

D’autant qu’après une chirurgie il s’agit aussi de remettre très rapidement une articulation en mouvement car si elle ne bouge pas elle peut se calcifier. Cette épreuve demande beaucoup plus d’efforts, par la suite, pour lubrifier l’articulation et peut provoquer des complications au niveau lymphatique. 

Ces trois témoignages permettent de mieux comprendre les propos de Loïc Faivre. 

Chaque couleur du parcours correspond à un niveau de difficulté plus ou moins élevé. Elles peuvent y aller crescendo afin d’évoluer à leur rythme.

Pour Loïc Faivre, le sport est une thérapie non-médicamenteuse ainsi qu’une aide indispensable au traitement. Les activités physiques adaptées sont des soins de support, elles ne remplacent en aucun cas les soins médicamenteux mais permettent de surmonter la maladie. Le suivi sportif est un complément de la médication.

« Accompagner les patientes dans le traitement oncologique fait partie de cette lutte » souligne Loïc Faivre.

Les soins de support permettent aux patientes de rencontrer d’autres femmes qui partagent le même combat ; des relations fortes se nouent. Elles peuvent parler de leur cancer mais seulement si elles le souhaitent. Néanmoins la plupart confie qu’elles n’en parlent que très rarement. Ensemble, elles sortent de leur zone de confort, afin de se dépasser physiquement tout en laissant de côté la maladie. Différents soins de support sont proposés à l’Institut Cancérologique de l’Ouest. Comme l’explique Florence Menet, accompagnatrice en santé au centre Paul Papin, des ateliers sont mis en place toujours pour accompagner le bien-être de la patiente : soins des mains et des ongles, ateliers maquillage, se faire du bien en général.

Florence Menet explique qu’à la fin de chaque traitement, les patientes ressentent un sentiment d’abandon lié au rythme soutenu des soins dont, à terme elles n’ont plus besoin. Une fois que la patiente est officiellement en rémission, il faut continuer à garder une activité physique régulière : « deux à trois fois par semaine c’est le top » accentue Loïc Faivre.

Cette pratique sportive diminuerait le risque de récidive de 30 à 40% pour le cancer du sein.

En outre elle possède indéniablement un rôle bénéfique pour la santé, insiste Loïc Faivre. D’où l’intérêt de faire le lien avec les associations sportives angevines afin que les femmes atteintes du cancer ne s’arrêtent pas juste après le traitement. Au fur et à mesure des années, de nombreuses associations sportives dites « sport santé » se sont créées sur Angers : les Dragon Pink Ladies au canoë- kayak club Angers, l’escrime et la danse afro-brésilienne au SCO Angers, le tennis santé au Tennis Club Baumette, l’escalade au Climb Up des Ponts-de-Cé, renforcement musculaire au club “EMA” Enjoy Multisport Anjou etc. Nous avons rencontré ces associations et recueilli quelques témoignages de ces femmes qui se sont battues contre leur cancer et continuent de se battre chaque jour en pratiquant une activité sportive.

Raquette spéciale et légère pour faciliter les mouvements des femmes en rémission du cancer du sein.

Lors de notre entretien, Françoise Kerjean, en rémission d’un cancer du sein, a tenu à faire part de son expérience au sein d’une association sportive. Elle a tenu à nous livrer quelques détails sur son combat contre cette maladie et comment celui-ci lui a permis de réapprendre à vivre pleinement. 

Françoise, gynécologue à la retraite, insiste sur les bons gestes à effectuer pour repérer facilement un nodule dans son sein.  Elle explique que chaque femme depuis ses 15 ans devrait s’habituer à se palper les seins de manière régulière devant un miroir et apprendre à reconnaître une anomalie. Elle décrit le nodule comme ressemblant à un petit grain de riz très dur tel une pierre. Il faut faire attention aux rougeurs, aux anomalies en général. Elle insiste sur le fait que si une femme procède à une palpation régulière, elle repérera plus facilement si un nodule apparaît et pourra de cette façon aller plus rapidement voir un médecin qui confirmera ou non le nodule. Cette palpation aidera notamment à mieux connaître son corps et bien sûr pourra permettre aux professionnels de prendre en charge le cancer du sein plus rapidement et donc augmentera considérablement les chances de rémission.

Claudine, en rémission du cancer du sein et ancienne patiente de l’ICO, pratique activement l’escalade aux Ponts-de-Cé toutes les semaines. D’après son témoignage et son parcours, le sport l’a aidé dans sa rémission et dans son quotidien pour mieux récupérer des traitements lourds qu’elle a eus à subir. Elle souligne que « le sport devrait être prescrit sur ordonnance ».

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